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Encres

  • L'œuvre de la semaine (195) : "Très loin dans l'alcool..."

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    N° d'inv. 485. Prix : nous contacter. Photo : O. D.

     

    Ici, un message, écrit de la main d'Yves Juhel : "Je veux aller très loin dans l'alcool ce soir. Je me soule (sic) pour vous, peuple indigne". Ecœurement, révolte, colère... Le coup de blues de l'artiste est-il passager ou durable ? Ce qui est certain, c'est qu'au tournant des années 80 et 90 (et même sans doute au-delà), il porte un regard noir et sans concession sur le monde. Et comme en écho à cet état d'esprit, à cette sombre lucidité, l'œuvre d'Yves est complexe, souvent torturée et pessimiste. Ce petit dessin (29x23) réalisé sur carton gris à l'encre et à la gouache s'inscrit pleinement dans ce contexte ombrageux. L'écriture est rapide, et le trait spontané, expédié, fluide et saccadé en même temps. On distingue une sorte de faux cadre à l'encre, comme une porte métallique et rivetée, et un corps, sans doute féminin, le tout rehaussé de gouache rouge et blanche. Difficile de faire le lien entre mots et dessin. Pour le reste, à chacun son regard, son interprétation, se cheminement face à ce qu'a exprimé l'artiste.

    Ce petit dessin fait partie d'une petite série de trois, où figure aussi le N° 489, qui a toutefois été réalisé sur un carton plus bleuté. Il est, comme les autres, très abîmé par l'humidité, côté gauche. Et il renvoie à une série plus vaste de nus peints à l'huile sur toile, à la même  époque, à l'image du N° 82. Il n'est hélas pas signé. Mais il est daté, en haut à gauche, du 27 janvier 1992.

    O. D.

     

     

  • L'œuvre de la semaine (188) : petit et fier

    Yves Juhel 648-Photo OD.JPG

    N° d'inv. 648. Prix : nous contacter. Photo : O. D.

     

    Dans le bestiaire d'Yves Juhel, les chiens tiennent une très bonne place. L'artiste s'est plu à les représenter dans diverses attitudes, jouant avec les différentes races canines. Voici ici une sorte de petit terrier ébouriffé, assis et assez fier, peint de face. 

    Yves Juhel en a esquissé les contours à l'encre et au fusain, avant de s'emparer de la gouache, tant pour l'animal que pour le fond jaune. 

    Cette œuvre a été peinte le 25 août 2001, comme indiqué sous la signature, dans le coin inférieur droit. En cette fin août, l'artiste a ainsi peint de nombreux chiens, de toutes dimensions et sur tous supports, et plusieurs portent cette date du 25, à l'image du N° 642.

    O. D.

  • L'œuvre de la semaine (184) : le Bavarois (bis)

    yves juhel, art, peintre, peinture, l'œuvre de la semaine, 2002, gouache, encree, papier, personnages, plumes

    N° d'inv. 699. Prix : nous contacter. Photo O. D.

     

    Délaissant sa série de portraits animaliers (voir la rétro), Yves Juhel s'empare, à la fin de l'été 2002, d'une nouvelle galerie de personnages. Des œuvres à l'encre et à la gouache, sur papier (65x50), rassemblées dans une pochette portant cette mention : "Personnages à plumes, bourgeois, Indiens, militaires. Août/septembre 2002".

    Les plumes... Un des éléments récurrents des portraits de l'artiste, que l'on retrouve ici, plantée au-dessus de l'oreille de ce personnage. Un Bavarois (comme indiqué par l'artiste en bas de la feuille), qui fait écho à un autre portrait peint au même moment et portant le même titre (Voir le N° d'inv. 709). Les deux portraits se ressemblent fortement. Même profil, même coupe de cheveux (ou couvre-chef), mêmes traits fins à l'encre, même plumet... Les couleurs de celui-ci sont plus vives, plus printanières. Mais on est bien dans la même série. D'ailleurs, une seule date était indiquée sur le précédent Bavarois (le 4 septembre), et on la retrouve ici, avec deux autres, les 5 et 6. Ces œuvres ont été peintes au même moment.

    O. D.

  • Les œuvres de la semaine (180) : les bras croisés

    yves juhel, art, peintre, peinture, l'œuvre de la semaine, encre, papier, 1994, études, anatomie            yves juhel, art, peintre, peinture, l'œuvre de la semaine, encre, papier, 1994, études, anatomie            yves juhel, art, peintre, peinture, l'œuvre de la semaine, encre, papier, 1994, études, anatomie

    N° d'inv. 244, 246 et 247. Prix : nous contacter. Photos : O. D.

     

    L'inventaire des œuvres d'Yves Juhel fait état de plusieurs études, à l'encre, au crayon ou au fusain, dessinées au début des années 1990. Et parmi ces études, on compte quelques séries anatomiques, dessins de mains, de pieds, de bras, de visages...

    Difficile de dissocier ces trois études, tant elles semblent sœurs. Ce triptyque de bras croisés a été dessiné à l'encre, sur papier (65x50) le 17 septembre 1994, comme l'artiste l'a indiqué au recto. Les traits sont grossiers, les doigts et les bras entremêlés, dans une même attitude, entre détermination et bravade.

    Au dos, l'artiste a apposé sa signature et son adresse, ajoutant des chiffres : "3" pour la 244, "4" pour la 246 et "5" pour la 247. Nous n'avons toutefois pas trouvé trace de dessins similaires portant les numéros 1 et 2.

    O. D.

  • L'œuvre de la semaine (178) : le tigre au traits dilués

    Yves Juhel 627-Photo OD.JPG

    N° d'inv. 627. Prix : nous contacter. Photo : O. D.

     

    Ce tigre a été peint en deux temps, le 4 et le 10 juin 2001. Yves Juhel avait déjà commencé à peindre quelques animaux au début de cette même année. De même, certaines de ses huiles animalières ont été commencées dès 2000 (voir, par exemple, celles numérotées 7 et 335) avant d'être achevées des mois plus tard. Mais cette œuvre mêlant gouache et encre sur papier (65,5x50) fait partie de celles qui ont vraiment lancé son bestiaire, composé de dizaines de réalisations peintes durant cet été 2001. A l'image de celles inventoriées sous les numéros 622 et 632, en juin et juillet, l'essentiel du bestiaire est composé de gouaches. Ce n'est que plus tard, durant cet été, que l'artiste finalisera ses huiles.

    C'est ici son premier tigre, mais pas son dernier. Plusieurs autres seront peints un peu plus tard, que ce soit à la gouache (N° 575) ou à l'huile sur toile (N° 28 et 37, par exemple).

    La double date, qui figure en bas à droite avec la signature, ne laisse que peu de doute sur la manière dont l'artiste a composé cette œuvre : le 4 juin (date en noir), les parties les plus sombres de l'animal, rayures, oreilles, etc.; et le 10 (inscription en rouge, de même que la signature finale), la couleur et la forme générale du félin, estompant ou diluant certains traits réalisés le 4.

    O. D.